Pour une fois, le volcan islandais Eyjafjöll n’y est pour rien.
Le Festival de Cannes se construit en effet petit à petit, à l’image d’un gros diesel (le moteur, pas Vin) : un peu lent au démarrage, irréfreingable une fois lancé.
Certaines sélections se complètent encore (cf. Carlos le téléfilm de 5h30 signé Olivier Assayas dont on a appris, hier, l’entrée en compétition officielle). Le vieux sage (vous savez, celui qui a toujours tout vu et tout fait) rappellerait aux impatients que la patience est une vertu, avant que ces derniers ne lui intiment sans plus attendre l’ordre de la fermer.
Une attente monastique ? Ou pas. Essayez de trépigner en silence. Même le tapotement frénétique de votre pied au sol en dit long sur le bouillonnement intérieur qui vous anime, uniquement déchiffrable par les marins professionnels, les télégraphistes et les spécialistes du morse.
Comment ne pas trépigner à la découverte de la sélection des films de la Quinzaine des Réalisateurs, une manifestation qui met en lumière le travail de jeunes cinéastes ou de metteurs en scènes confirmés? Ici, pas de compétition; George Lucas, Jim Jarmusch ou Michael Haneke y ont présenté leurs premières oeuvres et les carrières de Robert Bresson ou Francis Ford Coppola y ont été saluées comme il se devait. L’édition 2010 rendra un hommage plus que mérité à l’incroyable, la merveilleuse, la sans cesse étonnante et créative Agnès Varda.
Les longs-métrages (documentaire ou fiction) occupent une place de choix sans pour autant écraser la section courts-métrages. L’harmonie est totale, les festivaliers souriants et détendus… L’ambiance de la Quinzaine des Réalisateurs est comme un parenthèse sereine au coeur de la frénésie : un havre d’audace, de liberté, d’ouverture à l’autre…Comme en 1969 dans Hair. D’ailleurs, si ça continue ainsi, vous allez voir qu’ils vont tous finir à poil.
Qui s’en plaindrait ?
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