L’oeil frétille. Le doigt tapote nerveusement le bloc notes… Une petite goutte de sueur perle le long de la tempe et se cache pour mourir dans quelque recoin du cou. Les mains accusent une certaine moiteur comme en témoigne le bloc notes qui s’est mué en buvard…
L’annonce de la sélection des films en compétition se termine, laissant le journaliste cinéphile (il en reste) au bord de la crise de spasmophilie, non sans une amère déception due à une très péremptoire annonce :
Tree of Life, de Terrence Malik ne fera pas partie des films en compétition !
Remballez, merci.
Avec Malik, on se sent un peu comme avec Madeleine, la chanson de Brel; soit l’amoureux transi attendant la fille qui, une fois de plus, ne vient pas. Et pas même un SMS, un Tweet ou un statut sur Facebook pour prévenir : “Peux pas venir à Cannes. Film pas terminé. On dej à Paris ?”. Etonnant pour quelqu’un sensé dominer la technologie.
Une absence qui enrage car Tree of life a tout pour finir Palmé.
Un cinéaste exigeant et rare (vingt ans séparent parfois ses films).
Une durée tout à fait cannoise: 3h35.
Un sujet “auteur” suffisamment ample (les déboires de trois familles des années 50) observé avec distance parfois polaire (Malik n’a toujours pas renouvelé son abonnement chaleur humaine) que contrebalance un casting mariant le glamour et bogocité aigüe (Brad Pitt) à l’acting fondé sur la méthode rentrée (Sean Penn).
Sans oublier les mouvements de foule et autres conduits auditifs endommagés pour cause de hurlement stridents engendrés par la venue des intéressés.
Tree of life ne viendra pas. Malik non plus.
Le second termine le premier. A moins que ce ne soit l’inverse.
En tout cas, il leur sera beaucoup pardonné.
Quand on aime, on passe bien des choses.
Tags: Brad Pitt · Cannes · Cinéma · Majestic 63 · Malik · Sean Penn · tree of lifeNo Comments
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